Femme humiliée à Sacré Coeur

C’est aujourd’hui 24 juillet que seraient présentés devant la justice sénégalaise les présumés responsables de l’agression d’une femme à Sacré Cœur.
Un procès est encore loin et à ce stade, nous ne connaissons pas la qualification retenue par les magistrats. L’appréciation souveraine des faits leur incombe. Mais si nous prenons les faits et rien que les faits, une première analyse permet de tendre vers des violences commises avec deux circonstances aggravantes : la réunion et la vulnérabilité.

Les faits seraient commis en groupe et sur une personne vulnérable. Une malade mentale. Cette femme a-t-elle volé ? Du côté des prévenus, les faits rien que les faits permettent difficilement de réunir à ce stade les éléments constitutifs d’une soustraction frauduleuse dont ils seraient victimes.
Cette femme a-t-elle tenté de voler ? La tentative reste punissable, mais là encore, il faudra démontrer des actes préparatoires tendant à la commission de cette infraction.

Dans l’hypothèse où elle a effectivement commis un vol ou tenté de le commettre, personne ne peut et ne doit se faire justice soi-même. La loi du Talion ne s’applique pas. En tout état de cause, l’aliénation mentale est une cause d’irresponsabilité pénale. Si les pièces médicales psychiatriques présentées par ses proches sont retenues, cette femme ne serait pas responsable de ses actes. Dans le doute, les magistrats et les prévenus pourraient s’en assurer par une demande d’expertise.

Mais au-delà de la loi pénale, au-delà des faits, il ne s’agit pas que de justice. Il s’agit d’humanité, d’empathie, de compassion. Ces images humiliantes et dégradantes commises, filmées et divulguées ne peuvent que choquer. La folie touche en nous ce qu’il y a de plus noble et de plus digne. Nous devons (ré) apprendre à vivre avec toute une catégorie de personnes considérées comme des marginaux que tout le monde s’autorise à rabaisser et humilier. Ce sont des personnes faibles, vulnérables, dont il faut préserver la dignité qu’on voudrait leur ôter à chaque coin de rue.

Yaram DIEYE

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